La molécule «naturelle» combat le mélanome chez la souris

“Molécule d’origine naturelle liée à la résistance au mélanome”, a rapporté le Daily Telegraph. La protéine en question est appelée «interleukine 9» (IL-9) et est produite par le système immunitaire, la «défense naturelle» du corps contre l’infection. Il y a un intérêt croissant à exploiter le système immunitaire ou les molécules du système immunitaire pour attaquer les tumeurs.

Les nouvelles sont basées sur une étude chez la souris qui a examiné le rôle du système immunitaire dans la lutte contre la croissance du mélanome (une forme de cancer de la peau). Suite à un large éventail d’expériences, les chercheurs ont identifié l’IL-9 comme une protéine qui pourrait ralentir la croissance des tumeurs de mélanome transplantées chez la souris.

Les chercheurs doivent également évaluer s’il existe des risques potentiels d’utiliser l’IL-9 de cette manière. Même les molécules “naturelles” trouvées dans le corps humain peuvent provoquer des effets secondaires si elles sont administrées à des niveaux anormalement élevés. Il est prématuré de se référer à cette protéine comme un «remède» pour le mélanome, mais il mérite certainement une enquête plus approfondie.

D’où vient l’histoire?

Cette nouvelle était basée sur une étude menée par des chercheurs de la Harvard Medical School et des National Institutes of Health aux États-Unis. Ce dernier groupe a également financé l’étude, en collaboration avec The Skin Cancer Foundation, le Fonds national suisse de la recherche scientifique, la Fondation René Touraine et la Fondation de recherche sur le cancer Damon Runyon. L’étude a été publiée dans la revue à comité de lecture Nature Medicine.

La recherche a été couverte de manière appropriée dans le Telegraph, qui a utilement illustré son histoire en ligne avec une image de souris, de sorte que les lecteurs pouvaient dire d’un coup d’œil que l’histoire était basée sur la recherche animale.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Ce fut la recherche animale sur le rôle du système immunitaire dans la lutte contre le mélanome. Il ne serait pas possible d’effectuer ce type de recherche sur les maladies chez l’homme, par conséquent, il est effectué dans des animaux de laboratoire. L’objectif à long terme de ce type de recherche est de mieux comprendre les maladies humaines, afin que de nouveaux traitements puissent être développés. Les premiers résultats chez les animaux devront éventuellement être testés chez l’homme.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Les chercheurs ont utilisé le génie génétique, la greffe de moelle osseuse et d’autres techniques pour élever un groupe de souris dont la moelle osseuse manquait d’une protéine appelée ROR-γ. Cette protéine est essentielle pour le développement d’un sous-type de globules blancs appelés cellules “CD4 + TH17”. Les chercheurs ont injecté des cellules de mélanome sous la peau de ces souris et un groupe de souris témoins dont la moelle osseuse était normale. Les chercheurs ont surveillé la croissance des tumeurs résultantes dans les deux groupes de souris et ont examiné si leur système immunitaire attaquait les tumeurs.

Les chercheurs ont ensuite examiné comment les protéines attaquant les tumeurs produites par les cellules du système immunitaire différaient entre les souris dépourvues de ROR-γ et les souris normales. Ils ont identifié une protéine appelée “interleukine-9” (IL-9) qui a été produite à des niveaux plus élevés chez les souris ROR-γ. Les chercheurs ont ensuite effectué diverses expériences pour tester si cette protéine pourrait être responsable du ralentissement de la croissance du mélanome chez les souris dépourvues de ROR-γ. Les interleukines sont une famille de protéines qui sont sécrétées par les cellules du système immunitaire. Ils jouent un éventail de rôles, y compris en aidant à communiquer entre les cellules du système immunitaire et en mettant en place une réponse immunitaire contre les menaces. Les chercheurs ont également examiné si IL-9 pourrait affecter la croissance d’autres types de cancers chez la souris.

Enfin, les chercheurs ont examiné les cellules du système immunitaire qui produisent l’IL-9 chez les humains, et si ces cellules pourraient être trouvées dans la peau humaine saine et dans les biopsies cutanées de patients atteints de mélanome métastatique.

Quels ont été les résultats de base?

Les chercheurs ont constaté que les mélanomes se développaient plus lentement chez les souris qui n’avaient pas le ROR-γ dans leur moelle osseuse, et ces souris vivaient plus longtemps que les souris normales avec des tumeurs de mélanome ulcération. Ils ont découvert que chez les souris qui n’avaient pas le ROR-γ, davantage de cellules T du système immunitaire attaquaient la tumeur du mélanome.

Les chercheurs ont découvert que certaines cellules T du système immunitaire provenant des souris dépourvues de ROR-y produisaient plus de protéine IL-9 que les mêmes cellules chez les souris normales. Les mélanomes se sont développés plus rapidement chez les souris dépourvues de ROR-γ si on leur a injecté des anticorps contre l’IL-9. De même, chez les souris normales ayant reçu une injection d’anticorps contre l’IL-9, les tumeurs du mélanome ont également augmenté plus rapidement. Ces expériences ont suggéré que l’IL-9 était importante pour ralentir la croissance du mélanome chez les souris dépourvues de ROR-γ.

Les chercheurs ont ensuite examiné des souris génétiquement modifiées pour manquer du récepteur de l’IL-9 (la protéine qui se lie à l’IL-9 et lui permet d’avoir son effet sur les cellules). Ces souris ont montré une croissance plus rapide du mélanome que les souris normales. Donner de la protéine IL-9 à des cellules de souris normales a également ralenti la croissance du mélanome

De plus, donner des souris IL-9 a également ralenti la croissance d’une forme de cancer du poumon, mais pas le cancer du sang.

Les chercheurs ont découvert que la peau humaine saine contient des cellules T du système immunitaire qui produisent l’IL-9. Ils ont également trouvé des cellules productrices d’IL-9 dans six des huit biopsies de mélanome prélevées chez des patients atteints de cancer de la peau. Cependant, le tissu de mélanome avait moins de cellules T du système immunitaire productrices d’IL-9 que la peau humaine saine, et les cellules produisaient moins d’IL-9.

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs ont conclu que leurs résultats suggéraient un rôle de la protéine du système immunitaire IL-9 dans l’immunité tumorale, et que cela donnait un aperçu des stratégies potentielles de traitement des tumeurs. Ils ont noté que d’autres études seront nécessaires pour évaluer le rôle de l’IL-9 dans le traitement du cancer humain.

Conclusion

Cette étude a suggéré un rôle pour la protéine du système immunitaire IL-9 dans la réduction de la croissance du mélanome chez la souris. Il a également suggéré une possibilité similaire dans d’autres tumeurs solides. Ces résultats sont encourageants, car le mélanome peut être difficile à traiter à un stade avancé.

Cependant, les résultats obtenus chez la souris ne sont pas toujours répliqués chez les personnes. Par conséquent, les chercheurs ont raison de dire que plus d’études seront nécessaires pour évaluer l’effet de l’IL-9 chez les humains, y compris plus de recherche sur les animaux. Ces études devraient examiner les inconvénients potentiels ainsi que les avantages, car même les molécules «naturelles» trouvées dans le corps humain peuvent provoquer des effets secondaires si elles sont administrées à des niveaux anormalement élevés.

Il est prématuré de qualifier cette protéine de «cure» pour le mélanome, mais cela mérite certainement d’être approfondi.